Toutes ces vies qu’on abandonne, de Virginie Ollagnier

Plongez au coeur des temps qui ont immédiatement succédé à la Première Guerre Mondiale, et accompagnez avec ce roman historique de Virginie Ollagnier tous ces paysans et ouvriers devenus soldats et redevenus à nouveau simples citoyens.

L’histoire de Toutes ces vies qu’on abandonne

Annecy, au coeur de la Savoie, en décembre 1918. La ville frissonne sous les frimas de l’hiver mais semble bien paisible, dans cette France qui a retrouvé la paix depuis quelques semaines à peine, après quatre ans de sang, de boue et d’horreur.

Les soldats sont revenus du front. Certains ont été meurtris dans leurs chairs par les combats, marqués au visage, brûlés, défigurés, diminués : un bras en moins, une jambe qui se termine par un moignon. D’autres ont été épargnés par les balles, les gaz ou les obus. Mais si les corps n’ont pas été marqués, les âmes ont profondément été traumatisées, et rien ne semble plus pouvoir redevenir comme avant.

Claire est une jeune novice qui exerce le métier d’infirmière. Ces hommes murés dans leur silence la tourmentent, et elle entreprend tout ce qui est en son pouvoir pour les aider et les sortir de leur état catatonique. Un homme, en particulier, attire son attention. Il est totalement cataleptique et ne semble plus être accessible par le commun des mortels, là où il se trouve. Claire, qui s’attache de plus en plus à ce soldat inconnu, saura-t-elle le ramener à la vie ?

Pourquoi faut-il le lire ?

Toutes ces vies qu’on abandonne s’intéresse à un thème bien souvent occulté, autant par les romanciers que les historiens : le retour à la vie civile de ces hommes normaux, qui exerçaient avant leur départ au front les paisibles métiers d’alors. Ils étaient forgerons, commerçants, paysans, tailleurs de pierre, ouvriers ou maquignons, et les voilà devenus soldats, transformés en chair à canon.

Avec Toutes ces vies qu’on abandonne, Virginie Ollagnier nous livre un roman historique bouleversant, qui dénonce la guerre par le souvenir indélébile qu’elle laisse chez ceux et celles qui l’ont côtoyée, directement ou indirectement.

Ce roman a gagné le prix Jean d’Heurs en 2007.